Parlons composition et cosmétiques « toxiques »

IMG_20150925_191125

Dans son numéro d’octobre, 60 millions de consommateurs s’est penché sur la composition des cosmétiques et leur toxicité. J’ai eu envie de faire un article à ce propos. Comme vous le savez, j’épluche toujours les compositions INCI et je fais de sacrées découvertes parfois. Il y a une quantité folle d’ingrédients allergisants, irritants, mauvais pour l’environnement, potentiellement ou clairement dangereux pour la santé. Je pourrais vous en parler des jours et des jours tant ça m’intéresse, je vais essayer de ne pas trop me disperser. Je m’excuse d’ailleurs d’avance car je pense que je vais beaucoup écrire pour cet article.

J’avais fait un article au sujet des ingrédients cosmétiques il y a fort longtemps. J’ai depuis encore plus approfondi à force de recherches et de lectures ce qui est très pratique pour « analyser » instantanément une composition INCI dans un magasin avant d’acheter.

Je suis méfiante et lucide, les emballages attrayants, les mentions « naturel », « écologique » etc qui sont censées donner confiance ne me piègent pas. Le marketing est tellement bien fait que l’on peut rapidement se faire avoir, c’est ce qu’on appelle le greenwashing. Il faudra que je fasse un article complet là dessus d’ailleurs.

Tout comme pour le bio il faut savoir décoder : il y a bio et BIO. Chaque label a sa charte et ses exigences. Si par exemple un label exige qu’un minimum de 95% des ingrédients végétaux doivent être issus de l’agriculture biologique, il reste 5% qu’il faut regarder attentivement. Il faut toujours éplucher la compo, même pour un labael bio. Certains labels sont plus stricts que d’autres. Je compte faire un article sur les labels également.

Beaucoup d’ingrédients potentiellement nocifs ou dangereux sont tout de même autorisés dans les cosmétiques mais à un pourcentage très réglementé par l’ANSM et/ou la Communauté Européenne.

Prenons l’exemple du phenoxyethanol, un éther de glycol utilisé en conservateur.  Il est reconnu comme un allergène puissant et un irritant de la peau et de l’oeil provoquant potentiellement eczéma et urticaire. Il comporte des risques de toxicité pour le système nerveux, le sang, le cerveau, le foie causant potentiellement des lésions rénales mais également pour le foetus. Il comporte des risques d’être un perturbateur endocrinien et de causer des troubles de la fertilité mais également potentiellement cancérigène. Il est soumis à une réglementation européenne qui impose une concentration maximale de 1% dans la formulation totale du produit.

Depuis 2012, l’ANSM préconise même de ne pas utiliser du phenoxyethanol sur des produits destinés au siège de bébé mais aussi de restreindre la concentration initiale de 1% à 0,4% pour les enfants de moins de 3 ans.

Si je reprend l’exemple contenu dans le dossier de 60 millions de consommateurs, une femme utilise au moins 9 produits cosmétiques différents par jour. En partant du principe que beaucoup de ces produits contiennent du phenoxyethanol et que les labos respectent la réglementation maximale de 1%. Ca se cumule malgré tout tout au long de la journée et des utilisations de produits. La concentration maximale recommandée se retrouve largement dépassée à la fin de la journée. Surtout qu’il y a des dizaines et des dizaines de substances qui sont réglementées car potentiellement dangereuses et toxiques donc autant de risques d’accumuler toutes ces molécules en grande quantité dans notre corps en s’intoxiquant un peu plus chaque jour

Avec tous ces éléments sur un plan sanitaire, j’ai du mal à comprendre qu’on interdise pas purement et simplement ce genre de substances qui causent plus de mal qu’autre chose. Le seul moyen d’éviter tout ça c’est se renseigner, éplucher systématiquement la liste INCI.

Chacune ses limites, mais personnellement j’ai dit stop à toutes ces substances. J’ai d’abord commencé par m’informer, lire, rechercher. Une fois suffisamment renseignée, j’ai évincé ce que j’estimais le plus douteux voir « dangereux » puis maintenant ma vision des choses a encore évoluée : je suis passée au total naturel et je m’en porte mieux. J’ai une sélection beaucoup plus draconienne sur les produits que j’utilise et je fabrique le reste. Le shampooing par exemple, j’en ai plus acheté depuis facile 5 mois je le fabrique moi-même. Je passe peut être pour une extrémiste, mais c’est ma façon de voir.

J’ai développé sur le phenoxyethanol mais j’aurais pu prendre un autre exemple qui se serait révélé tout aussi parlant.

Je reviens sur le dossier de 60 millions de consommateurs, je l’ai lu et analysé. J’ai également été sur la liste complète en ligne avec tous les ingrédients détaillés des 93 produits cosmétiques qu’ils ont choisi pour leur dossier. Je suis à la fois contente qu’on parle enfin de certaines substances ça permet au grand public qui n’a pas forcément notion de la toxicité de certaines molécules de se rendre compte mais j’aurais aimé que ce soit développé, plus approfondi. Ce dossier met un pied dans le plat mais il faudrait pousser plus loin. Après je comprend qu’ils ne peuvent pas faire un dossier de 50 pages non plus. Je suis d’accord avec eux sur pas mal de choses notamment l’exposition quotidienne outrancière mais aussi sur le fait que les produits de haut de gamme ne garantissent pas la qualité, un produit moins cher peut être tout aussi bon voir meilleur.

La où je suis un peu moins d’accord avec le dossier c’est au niveau de l’appréciation de chaque cosmétique et également avec leur sélection de produits qu’ils estiment les meilleurs. Personnellement, je n’aurais pas mis en avant des marques comme Vichy, La Roche Posay, L’Oréal, Mixa etc, je me tournerais plus vers So’Bio Etic, Santé, Cattier, Florame, Weleda, Logona etc.

J’ai analysé la composition de pas mal de produis et je suis moins tolérante qu’eux au niveau de certains composants. Je pense que ça s’explique du fait que j’évince les substances avérées toxiques mais également celles potentiellement douteuses que ça soit pour la peau, le corps mais je prend également en compte la nocivité pour l’environnement et les organismes aquatiques d’où je pense la différence entre les analyses. Par exemple aucun signalement de tout ce qui est dérivés de la pétrochimie (paraffinum liquidum, paraffin etc), tout ce qui est polyethylene glycol (PEG), polypropylene glycol (PPG), disodium EDTA, tetrasodium EDTA, Sodium Laureth Sulfate (SLS) alors que pour moi ce genre de substance est rédhibitoire. Du côté des silicones cyclopentasiloxane est signalé mais par contre pas cyclohaxasiloxane et dimethicone. Je suis assez étonnée, pour moi, ils vont tous dans le même panier, ils ont un effets étouffant et occlusif et pour l’environnement c’est une catastrophe. Je vous ai listé les plus connus. Je ne peux pas tout vous énumérer avec le potentiel danger de chaque sinon je vais vous faire une liste monstrueuse et impossible à assimiler. Il faut retenir que dans l’ensemble, ces substances sont de potentiels perturbateurs endocriniens, irritants, allergènes, nocifs pour l’environnement, pouvant provoquant diverses pathologies (eczéma, urticaire, problème rénaux, voir accusés d’être potentiellement cancérigènes).

Du côté des produits bio, certains ont des ingrédients signalés potentiellement allergènes comme par exemple limonène qui est contenu naturellement dans les huiles essentielles d’agrumes, geraniol contenu naturellement dans les huiles essentielles de géranium, muguet, citronelle, lavande etc. Sur ce sujet, j’ai une certaine opinion personnelle. Certaines personnes sensibles peuvent évidemment réagir aux huiles essentielles et la liste des allergènes potentiels (comme linalol, limonène, citronellol, coumarin etc) est pour moi avant tout une précaution théorique car je n’ai pas vu d’études à ce sujet. Personnellement, je pense que s’il y a une réaction allergique, il faut déjà se pencher sur la qualité de l’huile essentielle. C’est un produit très délicat et à utiliser avec de grandes précautions (encore un sujet que je pourrais traiter dans un article futur), certaines sont trop fortement dosées ou dermo-caustiques, certaines de moins bonnes qualités peuvent être coupées à l’alcool ou dénaturées. Il convient de bien étudier systématiquement ce genre de produit avant de l’utiliser.

Si vous souhaitez en savoir plus, je ne vous conseillerai jamais assez de vous renseigner et de faire des recherches. Si vous n’avez ni l’envie ni le temps de vous documenter (ce que je peux comprendre), vous pouvez aller sur le site La Vérité sur les Cosmétiques à la rubrique « Recherche INCI », vous pouvez y taper les 3 premières lettres de l’ingrédient et vous avez toute une liste où vous pouvez le rechercher. C’est très simple d’utilisation et ça permet de voir tout de suite si l’ingrédient est sûr.

J’espère que cet article ne sera pas imbuvable vu sa longueur. J’ai exprimé mon opinion sur un sujet qui me tient à coeur. Même si cet article dans 60 millions de consommateurs  ne va pas aussi loin que je l’aurais espéré. Je suis tout de même contente qu’enfin on puisse mettre les pieds dans le plat sur les compositions et permettre à certaines personnes de découvrir cette réalité. C’est une avancée qui mériterait d’être approfondie.

signature

Rendez-vous sur Hellocoton !

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *